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LE FIGARO MAGAZINE 

14 BOULEVARD HAUSSMANN

75438 PARIS CEDEX 09 - 01 57 08 50 00

 

18 AVRIL 2009

Hebdomadaire Paris

OJD : 437239

DEFISCALISATION

LA LOI SCELLIER RENFORCE L'ATTRAIT DE L'INVESTISSEMENT IMMOBILIER

La location d'un logement

neuf permet de réaliser une

économie de 75 OOO euros

d'impôt sur neuf ans.

C'est presque devenu une habitude!

Tous les deux ou trois

ans, les pouvoirs publics

changent les dispositifs fiscaux

en faveur de l'investissement locatif.

Depuis le 1er janvier, le dernier-né s'appelle

la loi Scellier. Conçue pour soutenir

l'activité dans le bâtiment, cette mesure a

été accueillie avec surprise et satisfaction

chez les professionnels de l'immobilier.

« C'est la meilleure mesure fiscale depuis

la loi Périssol », affirme Gilles Tocchetto,

directeur du pôle immobilier du groupe

Infinitis. Mais l'investisseur trouve-t-il

son compte dans cette énième mesure

destinée à soutenir le marché locatif ?

Pas sûr. Certes, le cadeau fiscal est alléchant

: en contrepartie d'une location

d'un logement neuf pendant neuf ans,

l'investisseur bénéficie d'une réduction

d'impôt de 25 % du prix de revient du logement

dans la limite de 300 ooo euros

(hors frais de notaire), soit une économie

maximale de 75 ooo euros sur neuf

ans. « Au mieux, l'acheteur peut faire baisser

ses impôts de 8 333 euros par an », précise

Alexandre Claudet, directeur général

délégué de Penal placements. Cette

loi se décline en une version « sociale »,

baptisée Scellier-Carrez. En cas de location

à loyer limité à une personne sous

condition de ressources (en ligne avec les

barèmes du Borloo), le bailleur bénéficie

d'une réduction d'impôt de 37 % étalée

sur quinze ans. Avec ce scénario, impossible

de louer à un descendant ou un

ascendant. Ce bonus fiscal de « base » -

soit 25 % d'impôt en moins - est limité à

un achat par an et jusqu'au 31 décembre

2O10. A compter de 2011 et jusqu'en 2013,

ce taux passera à 20 %. La loi s'applique

aux zones A, Bi et B2.

 

Un régime adapté

aux primo-investisseurs

Peu importe le niveau de taxation, la carotte

fiscale est ici la même pour tous.

« Ce régime est adapté aux primo-investisseurs

», explique Stéphane Carlucci, responsable

de l'ingénierie patrimoniale à la

banque Martin Maurel. En revanche,

« pour les contribuables très fiscalisés et/ou

avec des revenus fonciers, Borloo et Robien

sont plus efficaces », ajoute Eric Dupin,

directeur général de Tagerim.

Reste que l'attrait fiscal n'est pas tout. La

qualité du bien et son emplacement priment.

Même si des corrections de prix

ont déjà été effectuées en 2008, on dispose

de peu de visibilité sur l'évolution

du marché. Dans un climat déprimé, le

risque de surpayer un logement neuf

existe encore et pourrait gommer l'avantage

fiscal. Autre écueil : l'offre n'est pas

toujours de bonne qualité et moins abondante,

car les promoteurs ont stoppé

le lancement d'opérations nouvelles.

Méfiez-vous des programmes restés longtemps

sur le marché et qui peinent à se

vendre. Ils ne sont pas toujours les meilleurs.

Enfin, dernier point : « Les assureurs

sont déplus en plus nombreux à refuser

de garantir le risque de vacance et

d'impayés de hy ers pour des logements neufs

à la livraison », constate Nicolas Pradon,

de la commission gestion locative à

l'Union des syndicats de l'immobilier

(Unis). De peur de rester « plantes »

comme certains investisseurs l'ont été en

Robien (voir encadré), certains acheteurs

préfèrent annuler leur réservation.

 

ANNA HAGËGE